Chant grégorien
Tollite Portas
Laude Jocunda
Lux Lucis (création 2012)
A la croisée des mondes
Des chants lancés depuis le fond du Moyen Age par les magnifiques voix de Jean-Paul Rigaud et Bruno Blanchet, trouvaient un écho improvisé dans l'abîme vertigineux de sons premiers, bouillonnant sous les doigts du trompettiste Jean-Luc Capozzo et de la contrebasse d'Eric Brochard. Fruit d'une résidence au Petit Faucheux, le projet Transe Verse, initié par l'ensemble Beatus, voulait ainsi mettre en regard et en dialogue la musique médiévale et la musique improvisée. Et voilà une polyphonie de Perotin
ou les pages d'un manuscrit de Saint Martial, fascinantes d'austère rigueur, entraînées sur des chemins d'aventure qu'elles ont jadis parcourus, elles qui sont nées aussi de la puissance et de l'audace de créer. Chemin faisant, dans des grincements et plaintes étouffées de sourdine, dans des souffles et des gémissements de trompette embouchée d'une anche, dans des ballets d'archets furieux, des mugissements de contrebasse et des coupoles d'harmoniques, à chaque instant la liberté réinvente la musique. Expérience de musique ou musique expérimentale ? Qu'importe : la magie est là qui suspend le temps, dans ses miroirs, à la croisée des mondes.
Philippe Haller, La Nouvelle République du Centre Ouest
Auparavant (l'ordre de passage a été changé au dernier moment), Jean-Luc Capozzo et Eric Brochard s'étaient confrontés au rigorisme de chants médiévaux interprétés (en latin s'il vous plaît) de fort belle manière par l'Ensemble Beatus (Jean-Paul Rigaud et Bruno Blanchet, voix, Frédéric Bougoin-Kramer à la harpe celtique). Réussite totale de cette fusion iconoclaste et improbable, le trompettiste s'impliquant totalement dans les méandres d'une musique compliquée et ardue, trouvant les failles pour s'exprimer en de somptueuses improvisations alors qu'on entendait, comme par magie, des sons de flûtes sortant étrangement de la contrebasse de Brochard (l'archet y était pour beaucoup). Pas besoin de revêtir une armure pour se croire dans une forêt emplie de magiciens et de druides, le subtil accord entre deux mondes à l'apparence opposés mérite une nouvelle expérience.
Philippe Renaud, Improjazz

En 2008, une première résidence en collaboration avec la scène Jazz du Petit Faucheux et l'Association Lux Aurumque (avec le soutien logistique de la Ville de Tours) a permis à l'ensemble Beatus de se produire en concert avec Jean-Luc Cappozzo (trompette, bugle) et Eric Brochard (contrebasse).
